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Retour sur le concert de Maurane par Guylaine Saint-Pierre

De passage à Québec pour deux soirs au Théâtre Petit Champlain, la chanteuse belge Maurane a soulevé l’enthousiasme d’un public déjà conquis. J’ai assisté au spectacle du vendredi 13, une date qui n’avait rien de maléfique, bien au contraire.

Radieuse dans une jolie robe rouge soulignant ses formes, la grande dame de la chanson frappe dans le mille dès son entrée en scène. Il se dégage de sa personne une assurance, une joie de vivre et une grande sensibilité assortie d’un côté irrévérencieux propre à dérider les spectateurs de tout genre. Celle qui enchaîne spectacles et albums depuis les années 1980 est en pleine possession de ses moyens. Et des moyens, elle en a à revendre.

Quand on pense Maurane on pense d’abord voix. Une voix chaude qui se promène agilement dans les graves avec des pointes énergiques et des nuances subtiles. Maurane c’est aussi exploration et polyvalence en matière de styles musicaux : plongées dans le jazz, remontées vers les rythmes latins, retours vers la chanson de tradition française. Or, la dame sait s’entourer d’un effectif aussi à l’aise qu’elle dans les voyages sonores.

Sur scène avec Maurane, Louis Winsberg à la direction musicale et à la guitare, Stéphane Huchard à la batterie, Jean-Christophe Maillard au saz et à la voix, et Jose Montealegre dit « Pepito » à la voix. Quatre complices dans la création d’ambiances variées, des populaires « Pas gaie la pagaille » et « Toutes les mamas » à la jazzy « Armstrong » de Claude Nougaro en passant par le délire du « Diable dans la bouteille », fruit de l’imaginaire unique de la chanteuse et pianiste Juliette.

Impossible de passer sous silence l’apport majeur du chanteur flamenco Pepito Montealegre, dont la voix s’harmonise parfaitement à celle de Maurane et dont le charisme se révèle dès les premières secondes du spectacle. Une autre voix, celle de Jean-Christophe Maillard, complète ce chœur d’arrière-plan exclusivement masculin, une brillante idée.

Pour sa part, le jazzman Louis Winsberg, qui peut compter sur l’admiration inconditionnelle de la tête d’affiche, réjouit par sa musicalité et la finesse de son jeu de guitare.

Au sortir de cette soirée, on a le cœur léger, un air au bord des lèvres et l’envie de poursuivre l’aventure. Heureusement, Maurane nous laisse Fais-moi une fleur, une collection de pièces inédites enregistrées à New York en six jours grâce aux oreilles averties de Gil Goldstein (Paul McCartney, Bobby McFerrin, Michel Petrucciani) et Jay Newland (Norah Jones). Avec cet album, son tour de chant, sa présence chaleureuse, c’est Maurane qui nous fait une fleur.

Guylaine Saint-Pierre

18 avril 2012